04 74 65 85 41

Ne pas confondre Ubérisation et Entrepreneuriat


    Guillaume Meurice, un des animateurs vedettes de l'émission quotidienne de France Inter "Si tu écoutes j'annule tout" présente des billets d'humeur décapants sur des thèmes sociétaux et politiques. Il réalise des micros-trottoirs humoristiques durant lesquels il joue le rôle d'un vrai-faux naïf pour poser des questions de fond.

À l'occasion du salon des entrepreneurs de Paris (1er et 2 février dernier), il a voulu dénoncer certains travers de l'(auto-)entrepreneuriat, un système qui contribue à l'uberisation de la société selon lui. Réducteur mais instructif.

"Être son propre patron, est-ce une bonne chose ?" demande Meurice à un participant qui lui répond que tout le monde le veut. Et ce dernier a raison : l'idée entrepreneuriale fait son chemin depuis quelques temps dans l''hexagone. Selon Les Échos : 84% des Français ont une bonne image des entrepreneurs et 57% conseilleraient même à leur enfant de devenir entrepreneur.

"Tout le monde veut s'auto-exploiter en bossant 40 heures par jour pour pas un rond ?" titille l'animateur goguenard. Ce à quoi l'interviewé rétorque à juste raison qu'il s'agit d'abord de s'auto-financer. "En cas de chômage, que fait-on ?" continue Meurice. On lui répond : "c'est un cas de conscience, rester chez soi sans travailler ou décider d'avoir un emploi, quelle que soit la rémunération. Parce qu'il y a la sensation d'utilité". Meurice persiste : "On n'a que le choix d'être esclave ou SDF ?" "C'est le dilemme du prisonnier 4.0" ironise en retour un interviewé.

tipi portage 1_meurice photo

    
    Envie d'en savoir plus sur le portage ? Appelez vite TIPI au 04 74 65 85 41 !

    Par la suite, le chroniqueur explique que la société de voiture de transport avec chauffeur Uber ne paye même pas d'impôts en France et à peine ses employés indépendants. "L'uberisation, c'est le fait de ne pas avoir un vrai contrat de travail, et donc de ne pas cotiser et donc de ne pas bénéficier d'une protection sociale" explique un participant pédagogue, qui a parfaitement compris la démarche du questionneur.

Un autre entrepreneur, pris au jeu, se donne une note de 10/20, reconnaissant qu'il n'est peut-être pas en phase avec la vitesse du monde actuel et que ce sont ceux qui sont les plus rapides qui gagneront. "Gagner sa vie à tout vitesse, sans avoir le temps d'en profiter est-ce un progrès ? Se poser la question de savoir où va le train, plutôt qu'à quelle vitesse, c'est la vraie question". Et d'ajouter, compatissant, qu'il a peut-être progressé lentement mais pour aller au bon endroit.

Voulant dénoncer – à raison – les dérives d'un système économique, Meurice fait néanmoins des généralités. S'il est vrai que le système de notation instauré par l'opérateur américain est inique et totalement subjectif, on ne peut pas assimiler son mode de fonctionnement à celui d'un entrepreneur individuel qui choisit ses propres clients. Il eut été plus pertinent de pointer les dérives numériques.

D'autre part, c'est ignorer aussi qu'un dispositif tel que celui du portage procure une certaine sécurité pour qui souhaite se lancer dans l'entrepreneuriat en testant son projet tout en bénéficiant d'une protection sociale. Car l'entrepreneuriat ne concerne pas que les services à la personne…

 

Partager cet article

Partager sur Facebook   Partager sur Linkedin   Partager sur Viadeo   Partager sur Google+



Et portez-vous bien !